Monday, August 20, 2012

La Grèce se heurte à la fermeté de ses créditeurs

Le premier ministre, Antonis Samaras, va tenter d'obtenir un geste de clémence de l'Europe pour résister à la pression des partis de gauche appartenant à sa coalition.

Après trois semaines de pause, le ballet diplomatique pour sauver la Grèce de la faillite reprend avec une intensité dédoublée. L'absence d'avancées concrètes durant l'été rend les négociations des prochains jours particulièrement cruciales. Tout débutera mercredi avec la visite à Athènes du président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Le premier ministre grec, Antonis Samaras, se rendra ensuite à Berlin, vendredi, puis à Paris, samedi, pour rencontrer Angela Merkel et François Hollande ; la chancelière allemande et le président français se seront préalablement vus, jeudi soir, lors d'un dîner à Berlin pour tenter d'accorder leurs violons.

L'enjeu du côté d'Athènes est double. D'abord, apaiser le climat de défiance des créanciers publics pour obtenir dans les prochaines semaines le déblocage de la tranche de 31,5 milliards d'euros prévue dans le cadre du second plan d'aide, nécessaire à la survie du pays. Le gouvernement grec doit prouver à ses partenaires qu'il est capable d'assainir ses comptes. Pour cela, Athènes présentera fin août à la troïka (BCE, UE, FMI) une liste de mesures d'austérité d'un montant de 11,6 milliards d'euros pour les années 2013 et 2014. Selon la presse grecque, il manquerait environ 700 à 800 millions d'euros au gouvernement pour boucler ce plan qui prévoit notamment de nouvelles coupes sur les salaires et les retraites. La cure s'annonce sévère, d'autant que la récession continue de sévir et que le taux de chômage touche à présent plus de 23 % de la population active. Voilà pourquoi Antonis Samaras souhaiterait obtenir de ses créanciers un délai de deux ans supplémentaires pour appliquer ce tour de vis.
La menace d'une nouvelle crise politique

C'est le deuxième enjeu des négociations en cours: le premier ministre grec doit à tout prix arracher un geste de clémence de ses partenaires européens pour espérer conserver le soutien des partis socialistes - Pasok et gauche démocratique - composant son gouvernement de coalition et qui sont rétifs aux coupes drastiques.

«Il est évident que le programme des 11,6 milliards d'euros ne pourra pas se faire sans obtenir un délai supplémentaire», affirme Andreas Papadopoulos, porte-parole du parti de la gauche démocratique. Les supputations autour de mésententes au sein du gouvernement ne cessent de croître, alors que l'opposition de gauche radicale Syriza menace de barrer l'application de ces mesures avant même leur annonce. L'Europe pourrait donc se retrouver avec une nouvelle crise politique à Athènes sur les bras si elle ne desserre pas l'étreinte contre le pays.

«Une sortie de la Grèce serait gérable»

Or, les créanciers de la zone euro ne sont absolument pas dans cet état d'esprit pour le moment. D'abord, parce que, selon le journal allemand Der Spiegel, les besoins d'économie à réaliser pour Athènes ne s'élèveraient pas à 11,6 milliards mais en réalité à 14 milliards. Telles seraient les conclusions de la mission préliminaire de la troïka, qui se fondent sur la base de recettes fiscales moins élevées qu'anticipé. Ces fuites dans la presse germanique sont une manière supplémentaire de maintenir la pression sur le gouvernement. Pressions auxquelles participe désormais la BCE elle-même: «Une sortie de la Grèce serait gérable», a déclaré Jörg Asmussen, l'un des membres du directoire, mais «elle serait accompagnée d'une perte de croissance et d'un chômage en hausse, et serait très coûteuse. En Grèce, dans toute l'Europe, et également en Allemagne.» Une confirmation implicite que l'Europe prépare bel et bien un plan de secours en cas d'une sortie de la Grèce hors de l'euro.

Dans ce contexte, l'axe Paris-Berlin donnera le ton des négociations en fin de semaine, si possible sur la même note. L'Allemagne s'inquiète en effet que François Hollande ne lâche trop de lest. Voilà pourquoi Berlin désamorce l'enjeu des prochaines réunions: «Il ne faut pas attendre (de ces entretiens) que l'on prenne les décisions essentielles», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert. Le ministre français des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, a pour sa part indiqué que l'UE attendrait le rapport de la troïka et une demande officielle grecque pour se prononcer sur un éventuel sursis. Manière de repousser l'échéance sans trop botter en touche.
20/8/12

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